Une moyenne qui cache deux marchés

Un bien sans défaut majeur — bien exposé, bien situé, à un étage confortable — a souvent perdu très peu de valeur sur cette période : entre 0 et -2 % dans les cas que nous suivons, certains n'ayant même rien perdu. À l'inverse, un bien qui cumule plusieurs points faibles peut afficher une décote de -15 à -20 %, parfois plus.

Pourquoi un tel écart pour un même marché ? Parce que la baisse des prix ne touche pas les biens, elle touche la tension entre acheteurs. Quand la demande est forte, les acheteurs se positionnent vite, quitte à fermer les yeux sur un défaut. Quand elle se relâche, comme c'est le cas aujourd'hui, ils ont le temps de comparer, de visiter dix biens avant de se décider, et donc de négocier durement — voire d'écarter — tout ce qui présente un point faible.

Ce qui pèse le plus dans la décote

Deux critères reviennent particulièrement souvent dans les biens les plus impactés : la luminosité et l'étage. Un rez-de-chaussée, un premier étage peu lumineux, ou un dernier étage sans ascenseur sont systématiquement comparés — et défavorablement — aux biens qui n'ont pas ce défaut. Moins il y a de tension sur le marché, plus cette comparaison joue en défaveur du bien qui a un point faible.

C'est là toute la nuance à retenir : ce n'est pas Paris qui a perdu 9,5 %, ce sont surtout les biens les plus fragiles qui ont absorbé l'essentiel de la baisse. Les biens sans défaut, eux, ont plutôt bien résisté.

Quelle stratégie pour un bien qui a perdu de la valeur ?

Pour un propriétaire dont le bien coche une ou plusieurs de ces cases, le réflexe naturel est souvent de refuser la baisse, de s'accrocher au prix d'il y a deux ou trois ans. C'est l'erreur la plus coûteuse. Un bien avec un vrai défaut a perdu de la valeur, qu'on le veuille ou non — et vouloir le cacher ou le nier ne fait que prolonger le temps de vente, ce qui, in fine, aggrave la décote.

La meilleure stratégie consiste à l'inverse à l'assumer, et à afficher un prix volontairement attractif — viser une décote de l'ordre de -10 % plutôt que risquer de finir, après plusieurs mois sans offre, sur les -15 ou -20 % que le marché aurait de toute façon fini par imposer. Un prix qui crée de l'attention dès les premières visites permet de générer de la concurrence entre acheteurs, plutôt que de laisser le bien s'installer dans la durée et perdre en désirabilité.

Nous consacrerons prochainement un article entier à cette stratégie de mise en vente — comment construire un prix d'appel efficace sans brader son bien.

En résumé

La baisse des prix à Paris n'est pas uniforme : elle sanctionne d'abord les biens qui présentent un vrai défaut, et épargne largement ceux qui n'en ont pas. Connaître précisément la place de son bien dans ce spectre — plutôt que de se fier à une moyenne parisienne — est la première étape pour vendre au bon prix et dans un délai raisonnable.

MarchéParisPrix immobiliers